Analyse : Le Lion et le Chasseur

Résumé

Un chasseur fanfaron ayant perdu son chien, qu'il suppose dévoré par un lion, demande à un berger de lui indiquer la tanière du fauve pour se venger. Le berger, qui paie un tribut mensuel au lion pour paître en paix, lui montre le chemin vers la montagne. Mais dès que le lion apparaît, le chasseur prend la fuite en implorant Jupiter de le sauver. La Fontaine conclut que le véritable courage ne se mesure qu'au moment du danger réel.

La morale

La Fontaine dénonce l'écart entre les paroles et les actes, particulièrement chez ceux qui se vantent de leur bravoure. Le chasseur fanfaron illustre parfaitement cette hypocrisie : courageux en paroles quand le danger est absent, il révèle sa lâcheté face au péril réel. Cette fable met en lumière un trait humain universel : la tendance à surestimer ses propres capacités et à faire preuve d'une bravoure de façade. La morale s'étend au-delà du simple courage physique pour questionner l'authenticité de nos prétentions. La Fontaine nous invite à la modestie et à l'honnêteté envers nous-mêmes, suggérant que la vraie valeur se révèle dans l'épreuve, non dans les déclarations.

Les personnages

  • Le fanfaron/chasseur — Représente la vantardise et la couardise masquée, incarnant ceux qui parlent fort mais agissent peu
  • Le berger — Symbolise la sagesse pratique et la prudence, préférant la négociation à l'affrontement
  • Le lion — Incarne la force naturelle et le danger réel qui révèle la vraie nature des êtres

Figures de style

  • Antithèse : « le courage proclamé vs la fuite effective » — Opposition entre les fanfaronnades initiales et la lâcheté finale du chasseur
  • Ironie : « "Que de ce pas je me fasse raison" suivi de la fuite » — Contraste saisissant entre l'intention belliqueuse et la réaction de terreur
  • Métaphore : « "touche du doigt" pour désigner le danger immédiat » — Expression concrète pour rendre tangible la proximité du péril
  • Périphrase : « "mon voleur" pour désigner le lion » — Évite de nommer directement le fauve tout en exprimant l'accusation

Contexte historique

Cette fable s'inscrit dans la tradition moraliste du Grand Siècle, où La Fontaine observe les travers de la société de cour. Le type du fanfaron était répandu dans la littérature classique, notamment chez Molière. À une époque où l'honneur et le courage étaient des valeurs cardinales de la noblesse, La Fontaine dénonce avec finesse ceux qui en font parade sans les posséder réellement, critique sociale subtile mais efficace.

À retenir

  • La vraie bravoure se mesure face au danger réel, non dans les discours
  • Le contraste entre le berger sage et le chasseur imprudent illustre deux approches de la vie
  • La chute brutale du récit renforce l'effet comique et moral
  • Cette fable dénonce l'hypocrisie sociale à travers un apologue animalier