Gérard de Nerval, né Gérard Labrunie en 1808 à Paris, demeure l'une des figures les plus fascinantes du romantisme français. Orphelin de mère très jeune, il grandit dans le Valois, région qui marquera profondément son imaginaire littéraire.
Traducteur précoce du Faust de Goethe dès 1828, Nerval fréquente les cercles romantiques parisiens et côtoie Théophile Gautier, Alexandre Dumas et Victor Hugo. Sa passion pour l'actrice Jenny Colon, morte prématurément, nourrit une mélancolie persistante dans son œuvre.
Ses nouvelles des Filles du feu (1854), notamment Sylvie, révèlent un style d'une délicatesse rare, mêlant souvenirs personnels et vision poétique du monde rural. Les Chimères, recueil de sonnets hermétiques, explorent les correspondances entre mythologie antique et quête spirituelle moderne.
Voyageur infatigable en Orient et en Allemagne, Nerval souffre de troubles psychiques qui alimentent sa créativité tout en l'isolant. Son Aurelia, récit halluciné publié après sa mort, plonge dans les méandres du rêve et de la folie.
Précurseur du symbolisme, Nerval influence durablement Baudelaire, Mallarmé et les surréalistes. Sa mort tragique en 1855, rue de la Vieille-Lanterne, achève le mythe d'un poète visionnaire incompris.