Analyse : La Querelle des chiens et des chats et celle des chats et des souris

Résumé

Cette fable raconte l'histoire d'un logis où chiens et chats vivent en paix grâce aux règles du maître. Une querelle éclate pour un simple plat ou os, menant à un conflit généralisé. Les chats cherchent les anciens arrêts de réconciliation, mais les souris les ont mangés. Cela déclenche une guerre entre chats et souris, ces derniers étant massacrés. La Fontaine conclut que la discorde règne partout dans l'univers, c'est une loi naturelle voulue par Dieu, et que les humains se querellent pour des riens.

La morale

La Fontaine développe une réflexion pessimiste sur la nature humaine et universelle. Il démontre que la discorde est omniprésente et inévitable, inscrite dans l'ordre naturel voulu par Dieu. Les conflits naissent de causes dérisoires - un simple plat, un os - mais dégénèrent rapidement en guerres destructrices. La fable illustre l'enchaînement fatal des vengeances et l'impossibilité de maintenir durablement la paix. L'ironie finale souligne l'immaturité des humains qui, malgré leur âge, se comportent comme des enfants querelleurs. Cette vision fataliste reflète l'expérience de La Fontaine des conflits de son époque et sa désillusion face à la condition humaine.

Les personnages

  • Les Chiens — Représentent une classe sociale ou un parti politique dans les conflits humains
  • Les Chats — Symbolisent la partie adverse dans les querelles, mais aussi les prédateurs opportunistes
  • Les Souris — Incarnent le peuple innocent qui subit les conséquences des conflits des puissants
  • Le Maître — Figure de l'autorité politique qui tente de maintenir l'ordre et en tire finalement profit
  • La Discorde — Personnification divine du conflit, principe universel qui gouverne le monde

Figures de style

  • Personnification : « La Discorde a toujours régné dans l'Univers » — La discorde devient une déesse régnante, donnant une dimension cosmique au propos
  • Métaphore : « Mit en combustion la salle et la cuisine » — Le conflit est assimilé à un incendie qui se propage et détruit tout
  • Ironie : « Le maître du logis ne s'en trouva que mieux » — Souligne cyniquement que l'autorité profite souvent des conflits qu'elle arbitre
  • Hyperbole : « notre monde en fournit mille exemples divers » — Amplifie l'universalité de la discorde par l'exagération numérique
  • Métonymie : « le peuple souriquois » — Désigne l'ensemble des souris par un terme politique, renforçant l'allégorie sociale

Contexte historique

Cette fable tardive de La Fontaine reflète les tensions politiques et sociales de la fin du règne de Louis XIV. Les guerres incessantes, les querelles de cour, les conflits religieux nourrissent cette vision désabusée. L'auteur observe les mécanismes de pouvoir où les faibles paient le prix des disputes des puissants. Cette œuvre témoigne de la maturité philosophique de La Fontaine, moins optimiste que dans ses premiers recueils, marqué par l'expérience des divisions et des violences de son siècle.

À retenir

  • La discorde est présentée comme une loi naturelle universelle et inéluctable
  • Les conflits naissent de causes dérisoires mais ont des conséquences dramatiques pour les innocents
  • L'autorité politique tire souvent profit des querelles qu'elle prétend arbitrer
  • Cette fable révèle un La Fontaine désabusé par l'immaturité perpétuelle de l'humanité